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Beaucoup, beaucoup de choses à dire, de nouveautés à présenter, d'initiatives à découvrir en ce mois de mai.

Au menu : dossier révélation sur les MDD, déferlante de Frozen Yogurts, clip beurré de Bordier, mais aussi gobelet auto-gonflant et anti-brûlures, kit pour yaourts probiotiques, carte d'indifélité, ou hérésie diététique chez KFC ...
Retrouvez surtout l'interview gourmande de Patrick Roger, qui nous a consacré un joli moment au sein de son laboratoire de Sceaux, ainsi que le compte-rendu de notre première matinée Food INfluences.

Bon appétit !

Presse : Les MDD  méritent-elles leur succès ?
Le magazine Capital consacre dans son numéro de mai un dossier aux marques de distributeurs. Avec des enquêtes et un jury de dégustation dont CCDessert faisait partie, le dossier révèle, qu'en plus d’être moins chères, elles étaient également préférées aux marques nationales dans 2 cas sur 3.

Si certains produits phares comme le Coca-Cola et le Nutella restent supérieures en terme de qualité gustative, les consommateurs ne s’y trompent pas : ils sont de plus en plus nombreux à acheter mdd. En 2020, ces produits devraient représenter 45% du total des ventes en France, comme c'est déjà le cas en Angleterre, en Allemagne ou en Suisse.

Loin des me-too qui ont fait leurs premiers succès, les MDD sont désormais une source d'innovation en croissante constante, et ce sur tous les marchés : 1 produit nouveau sur 4 est l'oeuvre d'un distributeur.

Nouveaux marchés, qualités environnementales, innovations packaging et équilibre alimentaire, la suite du dossier est disponible en kiosque.




Bon, beau et bien
: la déferlante Frozen Yogurt arrive en France

Frozen Yogurt

Après s’être fait une belle place au soleil californien, le frozen yogurt (yaourt glacé en vf) fait des petits en Europe.

Aux Etats-Unis, Pinkberry et Red Mango furent les pionniers de la tendance « fro-yo », avec un concept de base simple : du yaourt glacé à la saveur légèrement aigre, du bon et « healthy », et des toppings ultra gourmands. Fruits, pépites de chocolat, morceaux de cookies, bonbons ou muesli agrémentent les cups, tandis que des recettes plus élaborées ou des smoothies tout aussi sains remplissent les étals.

En quelques années, les ouvertures de marques déferlent : le branché et fun Frolick, Oko, le yogurt écolo-bobo-bio New Yorkais, le nouveau venu de la côté ouest, Yogurtland, positionné low cost, ou encore Yolato et ses yogurt gelato.  La guerre du yaourt est ouverte, et chacun tente la différenciation à tout prix : Pinkberry livre ses yaourts glacés à vélo dans les rues de New York et couvre ses sols de galets, Red Mango lance un parfum Tangomonium, pour faire danser le tango aux papilles de ses clients…

Si ce yaourt glacé haut de gamme (en moyenne 5$ la cup moyenne) et diététiquement correct ne représente qu’une fraction des 1,8 milliards de dollars du marché américain (source : USA Today), il reste le segment en plus forte croissance. A eux deux, Pinkberry et Red Mango projettent d’ouvrir plus de 1 000 points de vente dans les cinq ans à venir. « En ce qui concerne l’alimentation, les consommateurs sont toujours en quête de la dernière nouveauté », déclare Terry Eagan, un psychologue de Los Angeles spécialiste des questions alimentaires. Même au milieu d’une récession, « l’aspiration à la santé est un fondement idéal pour les entreprises, particulièrement en Californie. » Et la clientèle ? Elle est à 70% féminine, et hyper concernée par son alimentation, ses apports en calories, en graisses et en ingrédients naturels. Les chaînes vantent d’ailleurs toutes la vitalité de leurs probiotiques.

Si ces yaourts glacés sont de petits luxes abordables, les marques vendent moins du yaourt qu’une expérience. Et si cela sonne comme le mantra de Starbucks, ne soyez pas surpris d’apprendre que son fondateur, Howard Schultz, soit membre du conseil d’administration de Pinkberry, en ayant investi des millions de dollars dans la société.

A Londres, la tendance a déjà bien essaimé : Snog, yogo ou yuforia se battent à coups de design flashy et de slogan bien pensés.
A Paris, MyBerry a le premier importé l’idée il y a deux ans, et commence désormais à multiplier ses points de vente.

Nouvelles arrivées près d’Odéon, les soeurs Lorenzi viennent d’ouvrir it mylk, un lieu volontairement très trendy. Ce « nouveau rendez-vous parisien du yaourt sur mesure » propose de dé-ringardiser le yaourt avec des produits sélectionnés avec soin : yaourts, faisselles, frozen yogurt et milky cakes sont en passe de devenir le dernier snobisme parisien.

it mylk : 15 rue de l’Ancienne Comédie – 75006 Paris

Comm'  : Bordier, un clip complètement beurré ... 



Patron fondateur des succulents beurres Bordier, dont l’entreprise est installée près de Rennes, Jean-Yves Bordier est en train de créer le buzz sur internet avec un clip vidéo en libdub pour le moins décalé le mettant en scène avec ses salariés, sous une bande-son signée Christophe Willem.

L’occasion aussi pour l’entreprise de montrer son savoir-faire et son dynamisme. Jean-Yves Bordier exporte ses beurres traditionnels et ses spécialités (beurre aux algues, au sel fumé, ou encore au yuzu) dans près de 10 pays et fournit les plus grandes tables françaises.

Jean Yves Bordier ou l’Amour du beurre ... un personage qui ne peut que séduire par ses produits mais également son humour. Un grand coup de chapeau pour ce clip rythmé ; l’artisanat a plus d’un atout pour attirer les gourmands.

Une vidéo à ne pas manquer !

Innovation packaging  : Heatswell, un gobelet qui gonfle pour protéger des brûlures



Développée par le designer américain Scott Amron, Heatswell est une innovation qui pourrait bien changer le marché des gobelets jetables pour boissons chaudes.

Heatswell est un gobelet empilable, entouré d’une fine bande gonflable qui s’active par réaction endothermique lorsqu’un liquide chaud est versé dans le récipient, pour former une isolation thermique, le consommateur (pressé et distrait) étant ainsi protégé des brûlures. Lorsqu’un logo est imprimé sur le gobelet, celui-ci apparait au travers de la bande, créant un logo en 3D.

Non toxique et recyclable, la Heatswell Coffee cup a été approuvée par la FDA aux Etats Unis. Le site du créateur affirme également que son coût est moins élevé que celui de l’ensemble gobelet + manchon isolant.

Pratique et efficace, c’est un parfait exemple d’idée née d’une bonne observation des consommateurs.

Observez la démonstration en vidéo ... étonnant !

Marketing Do It Yourself : Kit pour yaourts probiotiques



Les bénéfices santé des probiotiques sont reconnus depuis des années : ces micro organismes vivants, principalement issues des bactéries lactiques, équilibrent la flore intestinale et stimulent le système immunitaire. Les consommateurs cherchant à bénéficier de leurs propriétés devaient jusqu’ici s’en remettre aux produits commercialisés en grandes surfaces ou pharmacies. Présenté comme une « révolution santé »,  Progurt change la donne en Australie, en offrant un kit de yaourt enrichi en probiotiques à faire soi-même.

Progurt permet d’obtenir des suppléments de probiotiques naturels par un système très simple à faire à la maison : une yaourtière accompagnée d’accessoires tels que tube de réfrigération, électrolyte, sirop prébiotique et sachets de probiotiques. Avec un potentiel de plus d’un trillion de cellules souches, chaque sachet de Progurt contient de mutiple souches de bactéries probiotiques d’origine humaine visant à améliorer et à renforcer le système immunitaire. Sans arômes artificiels, colorants ou conservateurs, le kit de démarrage avec 15 sachets est tarifé à 440 dollars australien, soit environ 300 euros. Progurt est actuellement disponible en ligne et via un circuit sélectif australien.

Un joli potentiel de développement pour ce Do It Yourself du nutritionnellement correct ?

Fast eat : KFC remplace le pain par deux tranches de poulet frit



Alors que les préoccupations sanitaires sur l’alimentation sont omniprésentes, de nombreuses enseignes continuent d’ignorer les principes nutritionnels fondamentaux pour s’adresser directement aux fans de fast food.
Dernier exemple en date, KFC vient de lancer aux Etats-Unis son « Double Down », un sandwich colossal qui utilise deux escalopes de poulet frites à la place du pain, et garni de bacon, double ration de fromage et sauce. Rien de moins …
Si la marque maintient que la valeur calorique n’est « que » de 540 kcalories, le décompte réel pèse plutôt 1 228 Kcalories, soit plus de la moitié des apports  journaliers recommandés. Le burger contient par ailleurs un taux de sel démesuré ainsi que 32 grammes de graisses, dont 10 grammes de graisses saturées.

Tandis que les Etats-Unis dépensent annuellement 147 milliards de dollars dans la lutte contre l’obésité,  le lancement de ce Double Down attire particulièrement l’attention.

La nouvelle a été reçu chez certains avec horreur et dégoût, comme au journal San Francisco Chronicle : « En une seule prise pseudo-alimentaire, vous consommez non pas un, ni deux, mais trois différentes matières mutantes, provenant de la torture industrielle de créatures indéterminées : un semblant de poulet, un semblant de porc, et un semblant de vache à lait, le tout emballé pour une poignée de dollars, prêt à étrangler votre coeur et engourdir votre cerveau. »

Et avec ça, quelques frites et un soda ?

Marketing : Carte d’infidélité



A Londres, le café Prufrock et l’actuel champion du monde des barista Gwilym Davies ont lancé une « Disloyalty Card » ou carte d’in-fidélité : les clients sont invités à aller prendre un café dans huit autres bars dans le même quartier de l’Est londonien et à faire tamponner leur carte.

Une fois la carte remplie, ils se verront offrir un café chez Prufrock Coffee. Comme l’explique Retailwire, il ne s’agit pas de renforcer sa base de clients mais de dynamiser le marché en augmentant le nombre de clients de tous les cafés (par ailleurs amis).

Une initiative qui a fait des émules : au Canada, vient de se créer la Toronto Coffee Conspiracy, composée de sept bars, là aussi amis. Le système fonctionne un peu différemment (les clients choisissent le café dans lequel ils reviendront une fois leur carte remplie) mais le principe reste le même.


Interview gourmande : Patrick Roger




Patrick Roger : chocolatier artiste, artiste chocolatier, indissociablement. La fantaisie qui règne dans cet univers ne saurait exister sans la rigueur extrême nécessaire à la maitrise de cette matière délicate. Ces deux facettes, l’une et l’autre guidées par le goût et l’émotion, sont réunies à Sceaux, sous le toit de l’ancienne imprimerie qui abrite le laboratoire flambant neuf de Patrick Roger.

Les grands volumes permettent de loger sans accrocs les pièces insolites de l’artiste chocolatier, qui s’accumulent au fil des années : ici de petites Fanny alignées, radieuses danseuses aux formes gourmandes et sensuelles, là d’immenses ours polaires, comme pris sur le vif.
Dans le jardin poussent une partie des herbes aromatiques qui seront utilisées pour la confection des ganaches, tandis que dix ruches s’apprêtent à fournir leur première récolte de miel, que Patrick Roger compte bien intégrer à la recette d’un bonbon. Le goût, vrai et juste, voilà le mot d’ordre du maître, résolument à part.

Vous êtes Meilleur Ouvrier de France depuis 2000, ce qui peut paraître paradoxal pour votre personnage ; pourquoi avoir voulu passer ce concours ?
Parce que ça occupe ! Plus sérieusement, c’est une exigence technique qui fait avancer. Mais ce n’est rien d’avoir le MOF, il faut surtout rester digne du titre sur le long terme. Rester au top, c’est cela le vrai défi.

Comment êtes-vous tombé dans le chaudron de chocolat ?
Je suis entré dans le monde du chocolat par hasard. Mes parents m’ont mis en apprentissage en pâtisserie, puis je suis entré chez Mauduit à Paris. A l’époque, en 1986, l’apprentissage, la pâtisserie, c’était la voie de garage. C’est là que j’ai découvert le chocolat. En réalité, c’est le chocolat qui va me découvrir. C’est la matière avec laquelle j’ai compris que je pouvais construire ma vie, et le reste. Le chocolat est un passeport pour le monde.

Où puisez-vous votre créativité ?
Les démarches de « création » et de chocolatier sont indissociables. C’est le hasard total qui me guide, le goût de la découverte. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure : les goûts, les rencontres, les gens, les produits. Tout ce que l’on voit est une source de créativité.

Comment définir votre ligne de goût ?
J’ai des goûts très simples, le goût des choses justes, des produits du jardin … Ce qui est important, c’est la justesse et l’équilibre des saveurs.

Le goût … ça s’apprend ?
Je ne sais pas … je ne crois pas. C’est une question de perception et de sensibilité ; je crois qu’une grande partie est innée.



Le goût de votre madeleine ?

Le chausson aux pommes. Et la pâte à chou, tout juste sortie du four …

Le goût de votre plus grande découverte ?
Le foie gras poêlé, chez Bocuse.

Un moment ou une occasion privilégiée pour le chocolat ?
Vers 21heures. Mais surtout avant les repas, lorsque le palais est disponible. C’est comme pour les desserts, les pâtisseries : on ne peut jamais profiter d’un dessert qui arrive après un repas, à un moment où l’estomac est plein et où l’on est saturé en goûts, il faut des moments à part.

S’il ne devait en rester qu’un ?
Tout ce qui est ici est bon ! Mais le rocher praliné reste un favori.

L’avenir ?
L’avenir, c’est continuer à créer le goût, et à le transmettre.
Nous avions pensé au Japon, mais il y a beaucoup de chocolatiers français là-bas, et le marché fonctionne énormément grâce aux médias et à l’effet de mode, qui ne dure généralement que 2 ou 3 ans.

Vous êtes un homme heureux ?
Plutôt, oui !

Infos et adresses : Patrick Roger


Food INfluences n°1 : BILAN

La première matinée Food INfluences, organisée par CCDessert en partenariat avec INfluencia, s’est tenue lundi 12 avril 2010 au Zebra Square. En attendant la prochaine, bilan :



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